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On s'allège!

On s'allège!

17 mai 2016

Ça y est. On peut le dire pour vrai. Le printemps est parmi nous. On desserre les mâchoires, nos épaules se dénouent. On peut enfin remiser son parka tout au fond de la penderie et rêver à son prochain bikini. Et si on profitait de ce vent de renouveau pour remettre ses pendules internes à l'heure et se délester de ce qui ne contribue plus à notre bonheur? Programme ambitieux? On vous lance quelques pistes pour nourrir votre réflexion, au soleil sur votre balcon...

par Sandrine Vermette

1. Mettez-vous au vert

Dans les derniers mois, si vous êtes comme nous, vous avez davantage abusé de votre poêle à fondue que de votre essoreuse à salade. Maintenant que le mercure a bel et bien entamé sa remontée, il est à présent temps de changer de thématique alimentaire. Mettez-vous au vert! Votre corps réclame sa juste dose de chlorophylle. Si vos notions de biologie sont aussi rouillées que la chaîne de votre vélo ayant passé l’hiver dehors, permettez-nous un petit rafraîchissement de mémoire. La chlorophylle est une substance aux pigments verts présente en grandes quantités dans le merveilleux monde du «végétal». Les plantes l’utilisent pour transformer la lumière qu’elles captent en énergie. Lorsque nous, humains, ingérons ce précieux phytonutriment (mot à retenir, très payant au Scrabble), la magie du vert opère au centuple. À titre d’exemple, grâce à son pouvoir particulièrement assainissant, elle détoxifiera votre flore intestinale, vous libérant ainsi des pathogènes qui y auraient élu domicile durant les mois d'hiver. De quoi vous sentir aussi frais que la rosée du matin. Ou presque.

2. Misez sur l'expérience

Alléger sa vie, c’est prioriser. Prioriser implique forcément de faire des choix : dire non à ce dont on peut se passer, pour mieux profiter de ce qui nous est essentiel. Et si l’essentiel, ce dont on se souviendra longtemps, se trouvait dans l’expérience plutôt que dans la possession? Un spectacle, une randonnée en forêt, un repas au resto… Les expériences se vivent, ne se détiennent pas. Difficile de les accumuler et de les voir s’entasser sur les tablettes de l’étagère. Il y a quelque chose de foncièrement léger dans l’acte d’expérimenter. Et certains chercheurs avancent que c'est là qu'on y trouve le plus de joie. Ceci s’explique sans doute en partie par le fait que les notions de comparaison et de compétition, omniprésentes dans notre société de consommation, s’en trouvent grandement amenuisées. Vous savez, celles qui nous poussent à acheter un 3e téléviseur ou à nous pourvoir d’un spa «4 saisons» parce que le deuxième voisin d’en arrière l’a fait, lui. Une autre avenue, qui tend à prouver les bienfaits du mouvement «live more, own less», trouve sa source dans l’anticipation. On a hâte de se retrouver autour du BBQ, entre amis, pour un festin de brochettes. On se plaît à penser au parcours de vélo que l’on fera le week-end prochain, sur les routes de campagne. On imagine, on invente. Difficile de faire jaillir ce genre d'émotions quand on pense à la livraison de son nouveau téléphone, n’est-ce pas?

3. Épurez votre carnet d’adresses

Certaines personnes sont animées par une vigoureuse envie de tout astiquer dès que les premiers bourgerons pointent le bout de leurs feuilles. Le grand ménage du printemps. Est-ce un classique chez vous? Faire briller les fenêtres, chasser la poussière dessous le lit, s’attaquer enfin au rangement du garage...Vous balayez, vous récurez et, à mesure que votre logis s’ordonne, votre esprit, comme par magie, s’apaise. Cette année, pourquoi ne pas apporter la même attention à votre carnet d’adresses? Non pas muni d’un poush-poush antibactérien, mais plutôt équipée de votre conscience et de votre franchise. Parcourez votre agenda des derniers mois, la liste de contacts de votre téléphone, celle de vos «amis» Facebook...et demandez-vous avec qui aimez-vous vraiment passer du temps. Vos réponses seront peut-être étonnantes, mais à coup sûr éclairantes. On ne vous apprendra rien de nouveau en vous disant que le temps et l’énergie que l’on met à entretenir des relations vides de sens pourraient être sagement réinvestis en nourrissant les liens qui nous réjouissent. Aimer mieux, en s'éparpillant moins. Le printemps s'annonce doux...

4.Apprivoisez le vide

Faut bien l’avouer, nous sommes de bien drôle de «bibittes». On rêve de vacances, de farniente. De longs moments de contemplation devant le coucher du soleil. On rêve de reprendre notre souffle, quoi. Mais au quotidien, la lenteur nous paralyse. Le temps qui s’égrène du lundi au dimanche se doit d’être investi au maximum. Chaque seconde nécessite d’être d’une productivité absolue. Les temps morts n’existent plus. On enchaîne les réunions, on passe de la garderie à la préparation du souper sans se poser de questions, sans prendre une respiration. Un parallèle intéressant semble s’esquisser entre notre besoin maladif de consommer (lire: de remplir nos tiroirs et placards à ras bord) et celui d’inonder notre emploi du temps d’une ribambelle d’activités. Certains spécialistes affirment que l’humain aime tant se sentir en demande, voir indispensable, qu’il est prêt à surcharger son horaire d’obligations. Et on s’étonne ensuite de courir sans cesse. Pourquoi ne pas profiter des beaux jours pour faire l’éloge du vide? Résister à l’envie de tout organiser, de tout minuter. Juste être là, respirer, et en profiter…

À la lumière de ces quelques considérations, nous vous souhaitons un printemps tout léger, à votre goût! Est-ce que certains de ces principes ont une résonnance chez vous? On est curieux de vous entendre, commentez ci-bas!