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L'histoire d'amour de Noémie De Pas avec la Slovénie

L'histoire d'amour de Noémie De Pas avec la Slovénie

28 janvier 2019

Noémie De Pas est littéralement tombée en amour avec Slovénie. Elle nous raconte ici pourquoi et nous donne astuces et conseils!

 

Qu’est-ce qui vous a fasciné le plus en Slovénie?

Plusieurs choses m'ont fascinée, à différents moments et de différentes manières. Je me souviens d'avoir été, dès les premières heures dans le pays, très intriguée par la présence de petites églises tout en haut des collines. Elles étaient, dans ces paysages magnifiques, telles des échos venues d'une autre époque. Tout en étant assez discrètes, elles transformaient complètement le territoire.

 

Par la suite, j'ai été vraiment fascinée par les fêtes du printemps. J'habitais à Ljubljana, la capitale, et un jour de février j'ai entendu dans la rue une sorte de tintamarre, un bruit un peu cacophonique, fort, sourd et répété. J'ai marché en direction de ce bruit et je suis tombée nez à nez avec des personnages stupéfiants, recouverts de peaux de moutons qui couraient et sautaient. Le bruit provenait des dizaines de cloches qu'ils portaient à la ceinture. C'était des Kurenti, des masques qui sont portés, une fois par année, pour réveiller la nature encore endormie. C'était magique de sentir cette énergie du printemps, incarnée de cette manière. J'ai été troublée de réaliser à quel point je n'avais jamais été initiée à la célébration du cycle des saisons.

 

Est-ce possible de visiter le pays avec un budget serré, style voyage sac à dos?

Bien sûr, il est possible de visiter le pays de toutes sortes de manières. Le fait que la Slovénie soit dans l'Union européenne nous désavantage un peu puisque le taux de change reste assez cher, mais je pense qu'il y a toujours moyen d'adapter son voyage à son budget. Au niveau du transport, plusieurs jeunes Slovènes se déplacent sur le pouce ou en train. On peut très bien se promener en vélo ou à pied. On peut aller marcher en montagne et dormir dans des refuges et en dortoir pour moins de 20 euros par nuit. Sinon, il y a des terrains de camping et des auberges de jeunesse faciles à trouver. Une autre option peut être celle de louer des petits appartements et de rester plus longtemps au même endroit et de cuisiner chez soi. Au niveau de la nourriture, il y a de nombreux marchés publics où l'on peut se procurer des fruits et des légumes de saison à très bons prix. 


Quel est votre panorama coup de coeur?

Mon panorama coup de coeur est celui de la planina, les alpages slovènes. Le simple fait d'y penser me transporte dans un état de paix et de relaxation difficilement descriptible. Malgré mon enfance sur la mer, j'ai toujours été attirée par les paysages plus montagneux. Peut-être, justement, parce que la montagne est à l'opposé de la mer qui est toujours en mouvement et qui représente une certaine instabilité. La planina offre un panorama à la fois impressionnant et tout à fait reposant. Il y règne un silence particulier qui n'en est pas vraiment un. Il y a toujours le bruit du vent dans les arbres et l'écho des cloches que portent les vaches autour du cou. C'est une ambiance un peu décalée, irréelle, mais très ressourçante.

  

Quelle expérience devrait-on absolument y vivre?

C'est une bonne question à laquelle je ne saurais répondre. Sincèrement, je crois que chacun de nous a besoin de vivre différentes expériences, selon ses dispositions, ses intérêts et, au-delà, selon son cheminement. Les expériences que l'on doit absolument vivre sont celles, à mon avis, qui contribuent à nous ouvrir au monde et à nous-mêmes. Je ne suis pas la bonne personne pour répondre à cette question parce que je crois profondément à ce que Nicolas Bouvier a écrit dans son ouvrage culte L'usage du monde : « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui même. On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

 

Quel est le meilleur moyen de transport pour se déplacer dans le pays?

On peut traverser le pays à pieds si l'on veut. Il existe des milliers de kilomètres de sentiers. Le vélo aussi me semble un merveilleux moyen de découvrir ce pays dont la superficie est égale à celle des Laurentides. On peut aussi se déplacer facilement en train. La voiture reste le moyen de transport le plus flexible en ce sens qu'il permet de sortir facilement des villages et des vallées pour rejoindre certains sentiers de montagnes qui débutent un peu plus en altitude.

 

Qu’est-ce que la majorité des gens ignorent de la Slovénie, selon vous?

Tout! C'est ce qui est si intéressant avec ce pays. Les gens ignorent où il se situe, quelle langue on y parle, quel est son climat, sa culture et son histoire. Les spectateurs ressortent de la ciné-conférence avec l'impression d'avoir réellement découvert un nouveau coin du monde...

 

Quelle est l’anecdote la plus cocasse de votre voyage?

À l'été 2014, nous voulions faire une longue randonnée d'environ un mois, de la mer Adriatique jusqu'aux Alpes. Comme notre fils était encore très jeune et que nous avions beaucoup de bagages, nous sommes partis accompagnés d'une ânesse qui nous avait été prêtée par un ami. Le pauvre animal n'avait aucune envie de porter nos bagages et de marcher avec nous. Elle ne faisait pas trois pas sans s'arrêter. Moi qui adore les animaux je me suis retrouvée à devoir menacer l'animal avec un bâton à chaque 30 secondes pour qu'il avance. J'étais tellement préoccupée par l'ânesse et son entêtement que j'étais incapable de filmer. Après une semaine nous avons abandonné notre projet et avons remplacé l'animal par la voiture...C'était beaucoup moins romantique, mais nettement plus efficace.

 

Quels seraient les trois mots-clés pour décrire le film que vous nous proposez?

J'ai du mal à répondre en trois mots-clés....je dirais que c'est un film qui transporte, dans des décors impressionnants, dans une culture à la fois très spécifique et à la fois très universelle. C'est aussi un film qui raconte; il s'ouvre avec mon histoire et présente, par la suite, celles de plusieurs personnes rencontrées tout au long du tournage, dont celle de mon conjoint. Il dresse aussi le récit de tout un peuple et, ce faisant, il nous rappelle les moments importants de l'histoire européenne. Finalement je dirais que c'est un film qui interroge, il permet à la dynamique du voyage de prendre place : il dépayse tout en ramenant le spectateur à lui-même, à sa propre culture, à sa propre identité. C'est ce que les gens qui ont vu le film me disent. 

 

Si vous voulez bien nous le partager : Quels sont vos prochains projets? Sur quoi travaillerez-vous suite à votre tournée avec Les Grands Explos?

Dès la fin de la tournée, je pars en vacances! Je vais rejoindre mon conjoint et les enfants qui seront déjà en Slovénie. Nous souhaitons aménager une petite camionnette et partir trois mois en famille, dans les Balkans. Au niveau du travail, je ne sais pas encore quel sera le prochain projet.

 

Avez-vous une citation de votre cru, portant sur votre vision du voyage ou votre perception de ce que symbolise un «explorateur»?

«Le voyage, même s'il nous transporte dans des lieux et des cultures différentes, est avant tout une occasion d'explorer nos mondes intérieurs. C'est pour moi une expérience globale, intense, qui permet de mieux comprendre les diverses sphères qui constituent la grande complexité de la vie. »