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8 questions à l’explorateur René Van Bever

8 questions à l’explorateur René Van Bever

6 janvier 2015

­Un jour, René Van Bever a décidé de vendre tous ses biens pour partir à l’aventure sur un voilier avec sa famille. Le voyage durera 6 ans et il fera le tour du monde.  

En tournée pour la première fois au Québec, il présentera du 7 janvier au 9 mars 2015 sa ciné-conférence sur la Nouvelle-Calédonie : Pacifique Sud et coquillages. Discutons avec celui qui a osé faire ce dont plusieurs rêvent, celui qui a troqué sa maison pour un voilier et qui a largué les amarres vers l’aventure :

1. Quel a été « LE » voyage de votre vie?

Il est certain que « LE » voyage de ma vie fut celui qui, au terme d’une longue préparation, m’a permis d’emmener ma femme et mes deux enfants pendant 6 ans sur un voilier autour du monde.

Il a commencé comme de grandes vacances, s’est mué en apprentissage de la vie au long cours pour se transformer en mode de vie. La richesse des rencontres, les beautés de ce monde, l’approche marine des pays m’ont marqués à jamais ainsi que le bonheur de les partager avec ma famille.

2. Pendant cette grande aventure, quels ont été vos pays « coups de cœur »?

Tous les quatre sommes assez d’accord pour dire que les pays qui nous ont le plus marqués sont Cuba et le Brésil, pour les contacts très riches avec la population, le Guatemala pour sa culture très colorée et les vestiges Mayas impressionnants et la Polynésie, pour la beauté des îles, des lagons et de la vie sous-marine. Notre vie avec la petite tribu au Vanuatu.

Je pourrais encore citer l’Indonésie ou la Thaïlande et encore d’autres. Mais chacune de nos escales nous a apporté énormément d’expériences, de contacts et d’émotions. Emmener ses enfants voir le monde en faisant leur éducation à bord et en partageant toutes les joies et les difficultés de la vie en bateau, crée des liens très forts.

3. Partagez-nous un moment magique que vous avez vécu pendant ce périple?

Parmi les souvenirs marquants de ce voyage, me revient en mémoire une conversation gestuelle tout à fait surréaliste entre un guide dayak et un orang-outang.

Nous avions laissé notre voilier au mouillage à Bornéo pour embarquer dans un long sampan indonésien pour plusieurs jours au milieu de la forêt tropicale à la recherche d’orangs-outangs dans leur milieu naturel. Danson, notre guide dayak, descendants d’anciens cannibales, mais néanmoins très sympathiques, nous faisait observer des macaques et des nasiques dans la végétation tropicale. La rivière se faisait de plus en plus étroite, la végétation de plus en plus dense. Nous rencontrions des îlots de végétation bloquant le passage du sampan.

Nous sommes arrivés le lendemain matin au Tanjung National Park, créé par plusieurs associations pour sauver les derniers orangs-outangs, littéralement « hommes de la forêt ». Le parc a récupéré un grand nombre d’orangs-outangs capturés très jeunes par des privés et leur inculque les comportements nécessaires à leur réintroduction en milieu sauvage.

Danson connaissait bien son affaire, il avait travaillé trois ans dans un centre de recherche, et lorsque Princess, une femelle, s’est mise en travers de notre route, il a engagé avec elle un dialogue en langage de signes tout à fait incroyable. Il nous a présentés, lui a demandé le passage, elle semblait demander s’il n’avait rien à manger et a fini par nous laisser passer en observant du coin de l’œil les drôles de singes que nous étions !

4. Parmi toutes vos rencontres, laquelle vous a le plus touchée?

Nous étions à l’Isla de la Juventud à Cuba et avons retrouvé là le pompiste Felipe qui nous avait servi plusieurs fois à Cayo Largo et avec lequel nous avions sympathisé. Il se trouvait sur son île pour les vacances et a tenu absolument à nous inviter chez lui.

Au jour et à l’heure dits, Felipe est arrivé dans un cyclo-pousse ou plutôt un cyclo-tire de deux places et en a aussitôt hélé un deuxième pour que toute notre petite famille puisse être transportée jusqu’à son domicile. Il a refusé tout net que nous intervenions dans le prix de la course et nous a menés dans son modeste trois pièces situé au 2e étage d’un petit immeuble de béton. Sa famille nous a accueillis chaleureusement, tout le monde nous a été présenté et on nous a installés tous les quatre à table devant des plats de viande, de légumes, de riz.

Malgré toute notre insistance, ils n’ont pas voulu se joindre à nous pour le repas, s’affairant autour de nous pour nous servir au mieux. Nous étions extrêmement  gênés par la situation et nous nous doutions bien des efforts consentis pour nous recevoir. Heureusement, nous avions apporté plusieurs cadeaux, mais tout de même ! Leur générosité nous a touchés et l’émotion nous a submergés lorsqu’en prenant congé, Felipe nous a assuré que désormais sa demeure était aussi la nôtre.

5. Quelle a été votre découverte culinaire la plus savoureuse?

J’hésite entre le poisson cru à la tahitienne et le tartare de thon tout frais pêché. Pour le poisson cru, de préférence du perroquet que l’on fait mariner dans du citron vert et que l’on prépare au lait de coco et aux petits légumes. Un régal !
Et pour le thon, il faut le découper au ciseau et l’accommoder comme un tartare de bœuf, citron en plus.

6. Quelles sont vos lectures cultes, celles qui vont inciter à voyager?

Comme beaucoup de navigateurs, j’ai dévoré les livres de Bernard Moitessier « La longue route » ou encore « Tamata et l’alliance » mais j’ai aussi été beaucoup inspiré par le récit de voyage de Carl, Dominique et de leurs trois enfants : « La V’limeuse » qui sont Québécois par ailleurs !

  1. Quel type de voyage rêvez-vous encore de faire?
    Celui qui me permettra d’évoluer en liberté, de rencontrer des gens, de découvrir de beaux sites et d’apprendre à connaître d’autres manières de vivre et de penser. Pour le moment, nous sommes en pleine découverte des îles de la mer Egée en Grèce. Pour cela, le voilier est un très bon moyen de déplacement et de vie à bord.

  2. En terminant, quelles sont les devises qui ont guidé votre vie?

  • Si tu penses que l'aventure c'est dangereux, essaie la routine, c'est mortel !

  • Quand je m'ennuie, c'est signe que je ne suis pas sur mon chemin.

  • Quand ma route est difficile, quand les autres ne comprennent pas où je vais ni pourquoi j'y vais, cela ne veut pas dire que je me trompe...

Réservez vos places pour la prochaine ciné-conférence de René sur la Nouvelle-Calédonie dans une salle de près de chez vous !